Pour la première fois le SNEPAP FSU est invité le 7 janvier à l’audience solennelle de rentrée de la

Cour de Cassation au cours de laquelle le chef de l’Etat fera une intervention.

Le SNEPAP FSU a décidé de décliner cette invitation afin de ne pas donner de caution syndicale à

ce qui s’apparente à une nouvelle opération de communication du Président de la République.

Depuis son élection, la politique pénale se révèle plus expéditive, brutale et attentatoire aux libertés

publiques. Le durcissement des peines, loin d’être probant dans son efficacité dans la prévention

des infractions accentue en revanche la surpopulation des prisons françaises. Le service public

pénitentiaire est de ce fait dans l’impossibilité de réaliser ses missions de prévention de la récidive

et de réinsertion des personnes détenues. De même, la création de la rétention de sûreté introduit

pour la première fois dans notre droit une incarcération préventive sur la seule présomption de

dangerosité, et non à partir de la commission d’une infraction.

Le SNEPAP FSU refuse d’assister à une audience solennelle marquée par la présence du chef de

l’Etat, responsable au premier rang de la dérive répressive que vit la justice aujourd’hui. Cette

présence est surtout le signe de la volonté de l’exécutif d’intervenir davantage dans le

fonctionnement de la justice ce qui est contraire à sa mission d’assurer l’indépendance de l’autorité

judiciaire.

L’annonce de la suppression du juge d’instruction est un pas supplémentaire franchi dans ce sens

que le SNEPAP FSU ne peut tolérer.