Le cabinet du Garde des Sceaux a décidé, hier après midi, d’annuler l’audience prévue ce matin

suite à la demande de l’intersyndicale UGSP CGT – SNEPAP FSU.

Cette décision déplorable n’est, en aucun cas, le fruit d’une demande du SNEPAP FSU.

Elle

marque une nouvelle fois la place qu’accorde la Garde des Sceaux aux personnels d’insertion et de

probation dans l’ordre de ses priorités. Le cabinet fonde sa décision sur les positions divergentes

des deux organisations syndicales par rapport aux propositions de la DAP.

Il préfère donc recevoir les deux organisations syndicales séparément. Le SNEPAP FSU sera reçu

très prochainement.

Il est évidemment regrettable que les deux OS n’affichent pas une position commune. Pour le

SNEPAP FSU, maintenir le mouvement dans ses formes actuelles, sans accepter la proposition de

la DAP n’aurait abouti à rien. Pourquoi ? Parce que le cabinet aurait eu beau jeu de nous dire : «

pourquoi n’acceptez-vous pas ce que la DAP vous propose ? » et de se limiter à ça. Imaginer une

seule seconde que le cabinet ne soutienne pas le DAP et propose davantage en le désavouant serait

une profonde erreur.

A l’inverse, se placer en tant qu’interlocuteur capable de discuter renforce notre position. Appeler à

la suspension du mouvement dans ses formes actuelles tout en maintenant une pression offre

davantage de garanties pour être écouté et parvenir à nos fins. Et cela d’autant que la légitimité de la

contestation n’est plus à faire depuis la grande manifestation du 5 juin !

Donc, si nous avons un regret à avoir, c’est celui que l’UGSP CGT ne partage pas notre point de

vue dont elle avait pris connaissance par la voix de notre secrétaire général comme elle aime si bien

l’écrire.

A l’occasion de cette audience, le SNEPAP FSU exigera du cabinet l’abondement de

l’enveloppe budgétaire dédiée à cette réforme statutaire et la mise en oeuvre de l’engagement

oral de la GDS sur l’annulation des sanctions.

Le rapport de force engagé avec l’Administration a été nécessaire pour l’amener à poser sur la table

les chantiers urgents et indispensables à l’avancée de la situation statutaire des CIP et de la situation

plus globale des SPIP. Celui-ci sera peut-être encore nécessaire dans les mois à venir…

D’ailleurs, revenons un peu au protocole de travail proposé par le DAP. L’axe majeur est la

question de la catégorie A qui, n’étant « plus taboue », est mis en relation étroite avec un travail sur

la qualification du métier. La question est donc de savoir si nous pouvions éviter ce préalable avant

d’obtenir une avancée indiciaire pour les CIP.

La réponse est non. Pourquoi ?

D’une part, parce que passer les CIP (catégorisés aujourd’hui parmi les travailleurs sociaux) en

catégorie A oblige l’Etat à faire de même pour plus de 150 000 TS de la fonction publique d’Etat.

Dans le contexte actuel, c’est pure fantaisie de croire que le gouvernement sera disposé à le faire.

D’autre part, parce que mettre le statut des CIP à niveau de celui des lieutenants implique aussi une

évolution sur la qualification du métier. Les lieutenants ont obtenu cette grille par alignement avec la police parce qu’ils concourent chacun à la sécurité publique. Qui est prêt aujourd’hui à

revendiquer que la mission des SPIP est de sécurité publique, sans une réflexion minimale sur les

implications ? Statut spécial ou pas, nous sommes encore assimilés aux travailleurs sociaux d’autant

que l’OS majoritaire des CIP revendique toujours et encore cette identité.

Ce groupe de travail est une opportunité inédite pour avancer sur le sujet. Il est impossible de dire

avec certitude si elle peut aboutir à ce que nous aspirons. Mais, une chose est sûre : refuser d’y

participer clôt tout débat sur l’avancée statutaire des CIP.
Ce travail doit permettre de faire

avancer techniquement cette revendication auprès de nos multiples interlocuteurs (DAP, Fonction

Publique, Ministre des finances…). Ce n’est donc qu’une étape du chemin à parcourir vers

l’obtention de nos revendications qui devront être traduites dans un protocole d’accord qui nous

sera présenté fin octobre par la DAP.

L’ensemble des personnels réclame avant tout une avancée indiciaire. S’engager dans ce groupe

de travail est la meilleure voie pour y parvenir et ne constitue en cela aucune traîtrise.
Le

SNEPAP FSU a travaillé techniquement cette question en rencontrant la fonction publique et en

demandant une audience avec le cabinet du Premier ministre.

En revanche, laisser croire aux personnels que revendiquer dans le même temps la préservation de

l’identité de travailleur social et leur avancée indiciaire relève soit d’une profonde méconnaissance

de la réalité soit d’une volonté d’entretenir des illusions à des fins purement électoralistes.

Mais, pour justifier l’impasse de la stratégie de la radicalisation, et envisager de signer le protocole

sans trop de dégâts, l’UGSP CGT a visiblement besoin d’un bouc émissaire et elle n’a pas fait

preuve d’une grande originalité, en offrant aux personnels la « forfaiture du SNEPAP FSU ».

Nous passerons sur la violence des propos, des accusations et de la méthode employée qui ne redore

pas l’image du syndicalisme.

Le SNEPAP FSU estime que mener une réflexion sur les perspectives du métier doit se faire avec

l’ensemble des sensibilités. Nous invitons l’UGSP CGT à cesser d’allumer des contre-feux et à

assumer enfin ses choix avec responsabilité.

Le SNEPAP FSU a signé aujourd’hui ce protocole de travail. Nous nous engageons à informer

régulièrement l’ensemble des personnels sur l’avancée de ces travaux.

En attendant, nous appelons les personnels à maintenir une mobilisation sous la forme d’une veille

(respect strict des 36 heures, pas d’utilisation des véhicules personnels…) qui ne mette pas les

personnels sous le coup de sanctions inutiles mais qui maintienne une pression sur une

administration qui n’a pas encore regagné notre confiance.

Aujourd’hui, le SNEPAP FSU ne renie en rien son engagement dans l’intersyndicale
malgré ces attaques aussi virulentes qu’inopportunes.
Nous sommes fiers du chemin parcouru aux côtés des collègues mobilisés,
toutes tendances confondues.
Cette mobilisation ne sera confisquée par personne…

C’est pourquoi le SNEPAP FSU ne perd pas de vue l’objectif d’un mouvement qui a
déjà marqué l’histoire des SPIP : une revalorisation statutaire !
Et c’est sereins que nous avançons vers les prochaines échéances,
forts de notre mobilisation, sûrs du travail mené jusqu’ici et conscients des
obstacles qu’il nous reste à franchir !

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