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Réponse du SNEPAP-FSU au communiqué de M. Stéphane Jacquot ou l’art douteux de la récupération politique

vendredi 20 avril 2012 par Webmestre SNEPAP-FSU

Le SNEPAP-FSU s’élève contre les propos tenus dans communiqué diffusé ce mardi 17 avril par
Stéphane Jacquot, Secrétaire National de l’UMP en charge des questions pénitentiaires et des prisons,
tant il s’agit d’une grossière récupération politique.

Ce communiqué fait en effet suite aux auditions par
M. Jacquot de six organisations professionnelles représentatives à l’Administration Pénitentiaire, soit le
SNEPAP-FSU, SNP-FO-PS, SNP-FO-PD, CGT, CFDT Interco, le SNDP et prochainement, nous dit-il, l’UFAPUNSA.

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Si nous pouvons supposer que la CGT et FO ont été reçus suite à leur demande d’audience dans le cadre du
mouvement actuel des personnels de surveillance, le SNEPAP-FSU, quant à lui, a interpellé différents
candidats à l’élection présidentielle dont Nicolas Sarkozy via une plateforme revendicative rendue publique
le 19 Mars 2012. C’est à ce titre, et à la demande insistante de M. Jacquot, qu’une délégation du SNEPAP-FSU
l’a rencontré le lundi 16 avril. A ce jour, Philippe Poutou et Nicolas Dupont-Aignan nous ont répondu par
écrit, et nous avons été reçu pendant 1 heure par l’équipe de campagne de François Hollande, pendant 2
heures par celle de Jean-Luc Mélenchon et enfin pendant à peine 30 minutes par celle de… Nicolas Sarkozy,
qui aura donc été la seule à communiquer sur cette rencontre.

Le premier point de la plateforme présidentielle du SNEPAP-FSU s’intitule « une autre politique pénale est
possible
 ». M. Jacquot aura donc été saisi d’une distorsion cognitive fulgurante lorsqu’il déclare dans son
communiqué : « Ces entretiens ont permis de constater une convergence de vues sur la nécessité de poursuivre
les efforts engagés pour améliorer les conditions de détention et la situation des personnels.
 » Comment M.
Jacquot peut-il affirmer que les efforts engagés par le président sortant ont abouti à une
« amélioration des conditions de détention et de la situation des personnels » ? Depuis le début de
l’année 2012, la France bat mois après mois le record de surpopulation carcérale, avec son cortège de
violences, d’atteintes à la dignité, à la santé tant physique que psychique des personnes détenues et de
dégradation des conditions de travail des personnels. De la loi sur les peines planchers en 2007, qui a fait
exploser les chiffres de la population pénale en milieu fermé comme en milieu ouvert, en passant par la loi
sur la rétention de sûreté en 2008, qui ôte tout sens à la peine, jusqu’à la toute dernière loi relative à
l’exécution des peines qui bat en brèche toute politique efficace de prévention de la récidive en faisant
primer le tout-carcéral, l’ensemble de la politique pénale du quinquennat n’aura fait qu’accroître le malaise
au sein d’un service public pénitentiaire exsangue et soumis aux injonctions paradoxales d’un pouvoir à la
dérive. Comment également penser que la situation des personnels, et notamment en matière de
sécurité, s’est améliorée quand le budget consacré aux nouvelles constructions l’a été au détriment
du fonctionnement de la Justice et notamment du recrutement de personnels tout corps confondu ?
M. Jacquot n’aura sans doute pas pris le temps de tenir seul une coursive dans un établissement
surencombré suite à la mise à exécution sommaire en février 2011 des peines en attente d’aménagement…
ni celui d’observer la mise en place les dispositions de la loi du 10 août 2011 dans des services administratifs
carencés, ni encore celui de comparer les chiffres des effectifs des personnels d’insertion et de probation
passés de 3041 à 2963 au cours de l’année 2011. C’est pourtant cette même année que les personnels des
services pénitentiaires d’insertion et de probation ont été mis en cause d’une manière aussi inédite
qu’inacceptable par le chef de l’exécutif lors des suites de l’affaire Pornic.

Non, M. Jacquot a préféré prendre le temps de rédiger un communiqué de presse vantant les mérites de la
politique du gouvernement et de la majorité actuels… S’il avait pris au moins la peine de défendre les
avancées de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, les affirmations de M. Jacquot auraient pu avoir
quelque crédibilité à nos yeux. Mais le programme de son candidat a le mérite d’être clair dans la mise à bas
définitive de l’héritage de cette loi pourtant votée sous cette même mandature mais qui avait sans doute le
tort d’être la seule loi pénale de ces dernières années à ne pas avoir été adoptée sous le coup d’un fait divers
sordide. Le candidat de l’UMP annonce ainsi l’interdiction de tout aménagement avant les deux tiers de la
peine, la généralisation des peines planchers aux cas de réitération… Bref, en matière de « poursuite des
efforts engagés », nous ne pouvons qu’observer la promesse de poursuivre et même de renforcer de la
politique sécuritaire qui n’a conduit à ce jour qu’à augmenter la surpopulation carcérale, les violences en
détention et la récidive. Comment, face à ce constat, oser parler de « convergence de vue » quand le
SNEPAP-FSU appelle à changer radicalement de cap en matière de politique pénale et pénitentiaire ?

Enfin, le détournement partisan par M. Jacquot de ses entretiens avec les organisations professionnelles
pénitentiaires est à mettre en perspective avec les attaques répétées du président-candidat et de son équipe
contre les syndicats de salariés. Encore hier, la porte-parole du candidat de l’UMP, Nathalie Kosciusko-
Morizet, accuse le SNU pôle emploi-FSU de violer son « obligation de neutralité » en appelant à voter contre
Nicolas Sarkozy, allant même jusqu’à qualifier la position du syndicat de « triste conception de l’engagement
syndical » et de dénoncer « les écrans qui veulent confisquer au peuple français sa capacité à décider
directement ». A l’évidence, l’importance accordée aux syndicats par l’équipe de campagne de Nicolas
Sarkozy est à géométrie variable et peut s’apparenter à de l’opportunisme primaire…

Le SNEPAP-FSU, avec d’autres organisations professionnelles, dans un récent communiqué intitulé
« Parlons enfin Justice », a appelé les candidats à remettre au coeur de cette campagne les questions
de fond en matière de Justice, absentes de manière très inquiétante du débat politique. Force est de
constater que pour le représentant de l’UMP, seule la communication préside dans cette campagne
au détriment des projets. Nous poursuivrons néanmoins nos interpellations des candidats en ce sens
et appelons ceux-ci à prendre position sur nos propositions plutôt qu’à s’appuyer sur notre action
militante pour tenter piteusement d’engranger des voix…

Le SNEPAP-FSU a fait le choix de ne pas donner de consigne de vote pour les élections présidentielles
et législatives à venir, tant les enjeux dépassent de loin les seules questions de justice pénale. Mais en
la matière, nul doute que ses adhérents et sympathisants ne sont aucunement dupes de ces petites
manoeuvres politiciennes…

LE PROGRAMME DE L’UMP ET DE SON CANDIDAT EST CLAIR, NOS MANDATS AUSSI !

Paris, le 20 avril 2012.










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