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Paca-Corse : lettre ouverte au DISP

mercredi 17 avril 2013 par Webmestre SNEPAP-FSU

Monsieur,

Le SNEPAP-FSU PACA-Corse vous adresse cette lettre ouverte, afin de vous faire part du climat
d’ inquiétude régnant actuellement dans les SPIP.

Ce climat ne peut s’expliquer par le simple fait des restrictions budgétaires ; et en tout cas ne doit pas
être restreint à cet état de fait.
Le SNEPAP-FSU PACA-Corse tient à vous alerter sur les difficultés de fonctionnement dans les
SPIP et des conséquences dramatiques qui pourraient en découler.
Ces dysfonctionnements touchent toutes les catégories professionnelles oeuvrant avec rigueur et
courage au sein de l’administration pénitentiaire.

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Ainsi, s’agissant des CPIP sur l’ensemble de notre région, un déficit en terme de ressources
humaines est à déplorer. Nous vous rappelons que les normes nationales sont de 80 dossiers en
mileu ouvert par CPIP et de 70 dossiers en milieu fermé.
Or, nous n’avons pas besoin de vous rappeler que sur les terrains la réalité est tout autre. Par
exemple, à Toulon en milieu ouvert, on peut compter 160 dossiers par CPIP.
Quant aux normes européennes, elles fixent le ratio à 60 dossiers par agent en milieu ouvert.
Si l’administration a su mettre les moyens humains sur Marseille en créant 3 postes de CPIP placés,
il est de votre devoir de faire remonter à la DAP les besoins en ressources humaines sur l’ensemble
de la région dans les SPIP.
Le risque d’incident sur les dossiers sensibles grandit et votre responsabilité est engagée.
L’affaire « Pornic » est à nos portes !!!
Les personnels sont à bout de souffle et ils refuseront de pallier aux carences. Si nous n’avons pas
d’obligation de résultat, nous avons une obligation de moyens....mais ces moyens où sont-ils ? Où
sont les priorités ? Les politiques pénales pullulent de toute part mais aucun moyen humain, ni
matériel n’est mis à disposition des personnels pour mener à bien leur mission de service public.
Nous vous rappelons que la Conférence de Consensus insiste sur l’accompagnement de la personne
suivie. Or, sur les terrains, compte tenu des charges de travail et de la multiplicité des tâches, les
temps d’entretien et d’évaluation sont réduits. De même, le travail partenarial est laissé à l’abandon.
Les mesures TIG en pâtissent. Les enquêtes ne peuvent être que superficielles.....les personnels sont
au bord du « Burn Out ». Voulez-vous nous pousser à travailler dans l’illégalité ? Oui, dans
l’illégalité ! car en ce qui concerne les TIG, il faut que vous ayez conscience que les délais
d’exécution ne peuvent pas être respectés.
Le traitement inhumain des réservistes est la preuve que vous ne prenez pas en compte les leçons
des expériences passées. Avez-vous oublié de quelle façon vous avez traité la question des
contractuels ? Vous récidivez dans une gestion indigne de vos personnels.
Les CPIP ne feront pas l’accueil du public, ni la sécurité.
Faut-il qu’un drame survienne dans un SPIP pour que l’administration daigne réagir ? Pourtant, notre
région est au coeur de l’actualité sur la question des « réglements de compte ». Dans toutes les
administrations, des dispositifs sont mis en place pour sécuriser les agents.
Nous déplorons que les SPIP soient, encore une fois, les « laissés pour compte » de notre
administration. Les conditions déplorables dans lesquelles le public est accueilli avec des locaux au
bord de l’effondrement et le manque croissant de sécurité ne font qu’accroître, au sein des
personnels, le sentiment de manque total de considération à leur égard.

Quant aux personnels administratifs en sous-effectif constant sur l’ensemble de la région, si vous
décidez de les placer dans des postes réservés à l’accueil du public, sachez que le travail
administratif pur en pâtira. La réduction des heures d’ouverture des services au public est inévitable.
La gestion des dossiers de plus en plus nombreux et la multiplication des procédures (BEX, 741-1,
SEFIP, PSAP..) nécessitent le renfort des antennes en personnels administratifs. Les SPIP doivent
être dotés de véritables greffes avec des personnels formés et gérés par un responsable de greffe.

Les surveillants PSE, au sein des SPIP, doivent être répartis de manière uniforme et doivent
pouvoir bénéficier d’une harmonisation de leur pratique dans l’ensemble des services de notre
région.
Nous exigeons plus de transparence : Où sont les organigrammes des SPIP tant attendus ? Où est
l’harmonisation tant promise ? Pourquoi les recrutements ASS et psy SPIP se font sans consultation
préalable ? Pourquoi les suivis administratifs et les suivis différenciés ne sont pas posés comme
principe de base commune de travail dans l’ensemble des SPIP.
Il est nécessaire que chaque DFSPIP définisse de toute urgence une politique départementale.

S’agissant des cadres, nous vous rappelons que le ratio est de 1 cadre pour 10 agents. Or, si vous
vous penchez sur vos effectifs, vous constaterez que ce ratio est loin d’être respecté. Certains
services sont même en auto-gestion car ils n’ont aucun cadre sur place.
Cet état de sous-encadrement a plusieurs conséquences : rendre obscures les politiques de service
menées, carencer le management des équipes, favoriser les écarts de pratiques au sein d’un même
SPIP, et décrédibiliser les missions des SPIP et la fonction de DPIP.
Une fois encore, les ressources humaines sont en souffrance : des postes supplémentaires sont
indispensables au niveau des cadres.
Quant au manque de moyens matériels, il est récurrent (manque de véhicules de service, manque
ou absence de moyens informatique, locaux inadaptés...).En outre, nous sollicitons le recrutement
de personnels techniques dans les SPIP pour assurer la maintenance des services.
Que comptez-vous faire ?

Sagissant des psychologues intervenant dans les SPIP, le SNEPAP-FSU dénonce une précipitation
des recrutements dans des services non préparés à leur arrivée et le flou régnant sur la fiche
nationale vs régionale qui nécessite un arbritage national rapide pour une homogénéisation des
fiches de postes.
Le psychologue SPIP ne peut pas faire de l’évaluation des PPSMJ, du soutien technique, de la
régulation des pratiques, de la supervision PPR et de la supervision d’équipe.
Il est indispensable qu’il y ait une consultation sur le réexamen de la fiche de poste pour qu’elle
puisse correspondre à la déontologie des psychologues et permettre une meilleure clarté et lisibilité
de ses missions articulées à celle des psychologues PEP et ceux chargés du soutien psychologique
des personnels.

La population pénale et les charges augmentent, les ressources humaines ne
suivent pas, les organisations de service ne changent pas.
Le SNEPAP-FSU , qui soutient la démarche de la Conférence de Consensus sur
la prévention de la récidive, souhaite que le SPIP soit établi, au sein de notre
administration, au même titre qu’un établissement pénitentiaire à part entière
avec des services greffe, RH, maintenance, administratif, CPIP, encadrement, et
surveillant dignes de ce nom.
Nous souhaitons un organigramme rationnel et précis afin de pouvoir tout
simplement travailler dans des conditions adaptées à nos missions et à nos
exigences de sécurité.

Ce courrier sera rendu public

Pour le SNEPAP FSU,

Nadia GUELLIL,
Secrétaire régionale PACA CORSE.
www.snepap-paca.org}